Étude observationnelle Toxicologie Autre

Nitrous oxide: a unique official French addictovigilance national survey

Guerlais M, Aquizerate A, Lionnet A, Daveluy A, Duval M, Gérardin M, Istvan M, Laforgue E-J, Victorri-Vigneau C

Frontiers in Public Health · 2023

DOI : 10.3389/fpubh.2023.1167746 PMID : 37181648
En bref

Analyse nationale de 525 notifications liées au protoxyde d’azote enregistrées par le réseau français d’addictovigilance entre 2012 et 2021. L’étude documente une forte augmentation des signalements à partir de 2018, associée à des usages plus fréquents et à des quantités plus importantes. Les principales complications rapportées concernent les troubles liés à l’usage et les atteintes neurologiques, ainsi que des manifestations psychiatriques et cardiovasculaires.

Ce que cette publication apporte

Analyse nationale des notifications liées au protoxyde d’azote enregistrées par le réseau français d’addictovigilance entre 2012 et 2021. L’étude documente une forte augmentation des signalements à partir de 2018, accompagnée d’une évolution des modes de consommation vers des usages plus fréquents et de quantités plus importantes, notamment avec l’apparition des bouteilles. Parmi les 525 notifications analysées, les principales complications rapportées concernent les troubles liés à l’usage du N₂O, les atteintes neurologiques, les manifestations psychiatriques et les événements cardiovasculaires. Cette étude constitue une source importante pour caractériser l’évolution des formes graves d’usage du protoxyde d’azote en France.

Question étudiée

Quelles sont les caractéristiques des usages de protoxyde d’azote et des complications sanitaires signalées au réseau français d’addictovigilance entre 2012 et 2021, et comment ces signalements ont-ils évolué au cours du temps ?

Méthode

Analyse rétrospective nationale de l’ensemble des notifications concernant une consommation volontaire de protoxyde d’azote enregistrées dans la base française d’addictovigilance jusqu’en 2021. Les auteurs ont analysé 525 notifications portant notamment sur les caractéristiques des personnes, les modalités et fréquences de consommation, la sévérité des cas et les complications rapportées. Une analyse spécifique a été réalisée pour les troubles liés à l’usage, les complications neurologiques, les manifestations psychiatriques et les événements cardiovasculaires. Les données de 2020 et 2021 ont également été comparées afin d’étudier leur évolution récente.

Principaux résultats

01

525 notifications liées à une consommation volontaire de protoxyde d’azote ont été enregistrées entre 2012 et 2021. Leur nombre augmente fortement à partir de 2018, passant notamment de 37 notifications en 2019 à 338 en 2021.

02

Les modes de consommation évoluent vers des usages plus intensifs : en 2021, l’utilisation de bouteilles est mentionnée dans 73,0 % des notifications documentées, contre 31,8 % en 2020, et une consommation quotidienne ou plus fréquente dans 52,4 % des cas renseignés, contre 36,0 % en 2020.

03

Les complications rapportées sont principalement les troubles liés à l’usage ou critères associés (82,5 %) et les complications neurologiques (75,4 %). Des manifestations psychiatriques (15,4 %) et cardiovasculaires (8,6 %) sont également rapportées, avec l’apparition de complications thrombotiques graves.

Portée du résultat

Ce que cette publication permet de conclure

L’étude permet de documenter l’augmentation et l’évolution des cas problématiques ou graves signalés au réseau français d’addictovigilance au cours de la période étudiée. Elle montre notamment l’émergence d’usages plus fréquents et de quantités plus importantes, ainsi qu’un large spectre de complications, dominé par les troubles liés à l’usage et les atteintes neurologiques. Elle apporte également des données nationales sur des complications psychiatriques, cardiovasculaires et thrombotiques associées à la consommation de N₂O.

Ce qu’elle ne permet pas de conclure

L’étude ne permet pas d’estimer la prévalence de la consommation de protoxyde d’azote dans la population française ni la fréquence réelle des différentes complications parmi l’ensemble des consommateurs. Le système d’addictovigilance repose sur des notifications spontanées de professionnels de santé et sélectionne préférentiellement des situations inhabituelles ou graves. L’étude ne permet pas non plus d’établir systématiquement un lien causal entre le N₂O et chaque complication rapportée, notamment lorsque d’autres substances ou facteurs de risque sont présents.

Limites

Étude fondée sur un système de notification spontanée exposé à une sous-déclaration importante et à un biais de sélection en faveur des cas les plus graves ou inhabituels. Les informations sur les consommations sont en partie déclaratives et leur précision dépend des données recueillies et retranscrites par les professionnels de santé. Certaines caractéristiques démographiques sont absentes. La présence de consommations associées et d’autres facteurs de risque peut également compliquer l’attribution causale de certaines manifestations au protoxyde d’azote.

Référence

Guerlais M, Aquizerate A, Lionnet A, Daveluy A, Duval M, Gérardin M, Istvan M, Laforgue E-J, Victorri-Vigneau C. Nitrous oxide: a unique official French addictovigilance national survey. Frontiers in Public Health. 2023.

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