Nitrous oxide (N₂O) abuse: stability of toxicological findings over time in a fatal case
Communication de congrès · 2019
Communication de congrès décrivant un cas mortel associé à un usage récréatif de protoxyde d’azote. Du N₂O a été détecté dans deux prélèvements sanguins post-mortem, dont une confirmation réalisée plusieurs semaines après le décès. Le cas montre que, dans certaines conditions post-mortem, la recherche toxicologique du N₂O peut rester informative malgré un délai important avant l’analyse.
Ce que cette publication apporte
Communication médico-légale décrivant un décès accidentel attribué par le coroner à une asphyxie associée à un usage récréatif de protoxyde d’azote. Du N₂O a été retrouvé dans deux prélèvements sanguins post-mortem malgré un délai important entre le décès, les prélèvements et les analyses. Le poster montre ainsi que la recherche toxicologique du N₂O peut conserver un intérêt plusieurs semaines après le décès dans certaines conditions de conservation et de manipulation des échantillons.
Question étudiée
Le protoxyde d’azote peut-il encore être détecté dans des prélèvements sanguins post-mortem lorsque sa recherche toxicologique est réalisée tardivement ?
Méthode
Présentation d’un cas médico-légal concernant un homme de 28 ans retrouvé décédé avec des éléments de scène compatibles avec un usage récréatif de N₂O. Les prélèvements biologiques ont été réalisés deux jours après la date estimée du décès. Le bilan toxicologique comprenait un dépistage ciblé de 144 xénobiotiques par LC-MS/MS, l’analyse de l’éthanol et des composés volatils par HS-GC-FID et la quantification spécifique du N₂O par GC/MS réalisée par NMS Labs. Plusieurs aliquotes et analyses ont été effectuées à différents moments après le décès.
Principaux résultats
Du N₂O a été détecté dans le sang fémoral à une concentration rapportée inférieure à 9 µg/mL et dans le sang périphérique prélevé au niveau jugulaire à 19 µg/mL.
La chronologie présentée indique une première analyse du N₂O au jour 31 après la date estimée du décès, puis une confirmation au jour 60, après constitution d’un nouvel aliquot au jour 51.
Le N₂O n’a pas été détecté dans l’urine lors d’une analyse réalisée au jour 95. Le coroner a retenu comme cause du décès une asphyxie due à une consommation récréative de N₂O et a conclu à un décès accidentel.
Portée du résultat
Ce que cette publication permet de conclure
Ce cas montre que du N₂O peut rester détectable dans des prélèvements sanguins post-mortem plusieurs semaines après le décès et après différentes étapes de manipulation des échantillons. Il documente également l’intérêt d’orienter spécifiquement l’analyse toxicologique vers le N₂O lorsque les constatations de scène suggèrent son utilisation, cette substance n’étant pas nécessairement identifiée par les dépistages toxicologiques usuels.
Ce qu’elle ne permet pas de conclure
Ce cas post-mortem ne permet pas de déterminer la durée de détectabilité du N₂O chez une personne vivante après consommation. Il ne permet pas non plus d’établir une cinétique d’élimination, une demi-vie, une relation entre concentration sanguine et effets, ni un seuil permettant d’identifier ou de quantifier une exposition récente. Les résultats ne peuvent donc pas être transposés directement au dépistage d’une consommation chez une personne vivante.
Limites
Communication de congrès reposant sur un cas unique, sans publication complète associée fournie. Les informations disponibles sur les conditions précises de conservation, les performances analytiques de la méthode GC/MS et les éventuelles pertes ou redistributions du N₂O sont limitées. Plusieurs prélèvements sanguins de sites différents sont rapportés, ce qui interdit de comparer directement leurs concentrations comme une évolution temporelle. Enfin, le contexte post-mortem est fondamentalement différent de la pharmacocinétique du N₂O chez une personne vivante.
Motard J, Desharnais B, Lavallée C, Mireault P. Nitrous oxide (N₂O) abuse: stability of toxicological findings over time in a fatal case. Communication de congrès. 2019.
