In Vivo Detection of Nitrous Oxide in Blood and Saliva Following Recreational Use
ACS Omega · 2026
Étude pilote chez six participants montrant que le protoxyde d’azote reste détectable dans le sang plus de 60 minutes après une inhalation reproduisant un usage récréatif. Les concentrations sanguines présentent une décroissance en deux phases, tandis que l’interprétation des concentrations salivaires est compliquée par la présence de N₂O à l’état basal.
Ce que cette publication apporte
Cette étude apporte des données expérimentales humaines sur la persistance du protoxyde d’azote dans le sang et la salive après une inhalation reproduisant un usage récréatif. Elle montre que le N₂O reste mesurable dans le sang au-delà de 60 minutes et met en évidence une décroissance en deux phases, avec une phase initiale rapide suivie d’une phase plus lente. Elle complète les travaux antérieurs de la même équipe consacrés à la détection du N₂O dans l’air expiré.
Question étudiée
Le protoxyde d’azote peut-il être détecté et quantifié dans le sang et la salive après une inhalation reproduisant un usage récréatif, et comment ses concentrations évoluent-elles au cours de la première heure suivant l’exposition ?
Méthode
Étude pilote réalisée chez six participants dans le cadre d’un essai clinique randomisé, contrôlé par placebo et en crossover. Chaque participant a été exposé, lors de journées distinctes, à trois conditions : placebo, une dose de N₂O de 4 L (8 g) ou deux doses de 4 L (8 g chacune), administrées à l’aide d’un ballon. Des prélèvements de sang et de salive ont été réalisés à intervalles de 10 à 15 minutes pendant environ une heure. Au total, 60 échantillons sanguins et 72 échantillons salivaires ont été analysés par chromatographie en phase gazeuse avec espace de tête couplée à la spectrométrie de masse (HS-GC-MS).
Principaux résultats
Le N₂O reste détectable dans le sang au-delà de 60 minutes après l’inhalation. Les concentrations calculées dans les échantillons sanguins s’étendent de 0,4 à 20 mL/L.
La concentration sanguine présente une décroissance en deux phases : une diminution initiale rapide suivie d’une phase plus lente. Le temps de croisement calculé entre les deux composantes est de 16,7 ± 4,7 minutes.
Dans la salive, les concentrations après exposition ne sont clairement distinguables des valeurs basales que pendant les 15 premières minutes. Du N₂O est également détecté avant exposition et sous placebo, ce qui complique l’interprétation de cette matrice.
Portée du résultat
Ce que cette publication permet de conclure
Cette publication montre expérimentalement que le N₂O peut rester mesurable dans le sang pendant plus d’une heure après une inhalation reproduisant un usage récréatif. Elle montre également que la diminution rapide des concentrations immédiatement après l’exposition est suivie d’une phase de décroissance plus lente. Dans les conditions étudiées, le sang apparaît plus facilement interprétable que la salive pour documenter une exposition récente.
Ce qu’elle ne permet pas de conclure
Cette étude ne permet pas de déterminer la durée maximale pendant laquelle une consommation peut être détectée, les prélèvements ayant été principalement limités à la première heure. Elle ne définit pas de seuil permettant d’identifier une consommation récente ou une altération de la conduite et ne valide pas à elle seule une procédure de dépistage routier. Elle ne permet pas non plus de généraliser précisément la cinétique observée à l’ensemble de la population.
Limites
Il s’agit d’une étude pilote portant sur seulement six participants, ce qui limite la généralisation des résultats et l’estimation précise de la variabilité interindividuelle. Peu d’échantillons ont été recueillis au-delà d’une heure. Les auteurs signalent également une incertitude importante dans la modélisation de la phase lente, ainsi que des difficultés méthodologiques pour les mesures à très faible concentration. Pour la salive, la présence de N₂O à l’état basal, notamment sous placebo et avant exposition, complique fortement l’interprétation des faibles concentrations.
Durán Jiménez D, Vinckenbosch F, Busink J, Donata P, van Groningen T, van der Schans M, Helmerhorst HJF, Dahan A, Ramaekers JG, Bikker FJ. In Vivo Detection of Nitrous Oxide in Blood and Saliva Following Recreational Use. ACS Omega. 2026.
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